Un visiteur de Ginko pourrait se croire revenu aux premières années de la ZAC : le bruit des pelleteuses s’activant aux quatre coins du Lac, le ballet incessant des engins de construction, la poussière des travaux à perte de vue. Un chantier de plus depuis ce lundi 10 mars 2025 : la mairie vient de se lancer dans la (re)végétalisation de la place Jean Cayrol dont la première phase devraient durer jusqu'à fin avril.
La recyclerie mobile de Ginko , qu'y tient lieux tous les 4e samedis du mois est maintenue pendant les travaux : le stand se tiendra en face, de l'autre coté du cours de Québec, sur le parvis de Cœur Ginko.
Un projet participatif pour une place plus vivante
Inscrit dans le cadre du budget participatif 2022 par l'Association des habitants de Ginko (AHEG), le projet vise à transformer l'énorme « place du village » située entre le cours de Québec et l'avenue Marcel Dassault de l'éco-quartier. Jugée vieillotte et trop minérale malgré la présence de nombreux arbres et noues végétalisées, la place doit devenir un espace de vie, propice aux rencontres et aux échanges entre habitants. La pose des pots de fleurs devant les commerces, bien que non programmée pour l'instant est prévue dans le projet initial. Les modalités de cette intervention sont toujours attendues.
Nouvel îlot de fraîcheur
Le projet est une nouvelle occasion pour la mairie écologiste de Pierre Hurmic d’intensifier sa lutte contre les îlots de chaleur urbains, tout en favorisant la biodiversité et en améliorant le confort des résidents.
La place Jean Cayrol qui a déjà bénéficié, dans le cadre du programme Bordeaux Grandeur Nature, de la plantation de 16 grands arbres et de 125 arbustes en février 2023, s'apprête à vivre une nouvelle mue.
Pour la rendre (encore) plus verte, une réduction significative de son imperméabilisation est prévue, passant de 84 % à 56 %, selon la mairie. Cette transformation sera rendue possible grâce à l’extension des surfaces de sol vivant, qui passeront, toujours selon la marie, de 660 m² à 1.760 m².
Parmi les aménagements prévus figurent la plantation de 27 arbres et la création d’une allée végétalisée près du canal.
Bancs de discorde
Si la volonté de verdir l’espace public fait consensus, l’installation de nouveaux bancs, comme le maintien de ceux déjà en place, suscite des tensions. Les gérants du tabac-presse et de la pharmacie y sont formellement opposés. Selon le pharmacien et certains riverains, les bancs situés devant l’officine favorisent des regroupements indésirables. Les habitants de la place Cayrol ont même lancé, quelques années auparavant, une pétition en ligne demandant à la mairie de les retirer.
Informée de la situation, la Métropole décide de déplacer les bancs en question plus loin vers le commerce du tabac. Au tour du buraliste de redouter les nuisances : « Nous avons déjà dû gérer des problèmes devant notre commerce, et ces [nouveaux] bancs risquent de ramener la faune que nous avions réussi à faire partir. »
L’association des habitants, quant à elle, souligne l’importance des bancs pour permettre aux passants de faire une pause, « mais pas en trop grande quantité pour éviter les regroupements. ».
« Il est logique qu’il y ait des bancs, mais personne ne [les] veut [ … ] devant son logement », ironise le maire-adjoint du quartier Bordeaux Maritime lors des la présentation du projet en juin 2024. Et de rajouter : « Les problèmes d’incivilité et d’insécurité méritent d’autres actions, que je laisse à la police municipale et nationale. » Il annonce toutefois la suppression d’un grand banc en bois existant tout le long du canal.
Non. Il n'y aura pas plus de stationnement
Au-delà de la question des bancs, quelques voix plaident pour davantage de places de stationnement. Afin de faciliter l’accès aux clients de passage, le gérant du bureau de tabac suggère de réduire légèrement l’espace piéton de la place Cayrol en les remplaçant par des places d'arrêt minute. «En épi », – complète-t-il sa proposition pour ne rien laisser au hasard.
Une requête à laquelle la Métropole oppose une fin de non-recevoir. « L’objectif est de réduire la place de la voiture en ville, il n’y aura pas de stationnement supplémentaire », tranche Vincent Maurin tout en précisant que des places d'arrêt-minute aux abords de la place existent déjà mais ne sont pas utilisées à leur fin.
Un aménagement en deux phases
Le projet se déroulera en deux phases distinctes menées par l'entreprise Colas. filiale de Bouygues, aménageur historique du quartier. La première phase, initialement prévue pour l'automne 2024 puis repoussée à l'hiver 2024-2025, vient de démarrer 10 jours avant la fin officielle de l'hiver. « Conforme au calendrier prévisionnel », – insiste le responsable des espaces verts. Cette première étape vise un débétonnement partiel de l’espace situé entre la pharmacie Rocade, le tabac et le cours de Québec, ainsi que la plantation de trois bosquets d’arbres.
La Phase 2 est programmée pour le second semestre 2025. Elle portera sur la végétalisation de l'allée entre le canal et les noues sèches. Des aménagement supplémentaires destinés à améliorer la convivialité de la place ainsi que des mesures pour restreindre la circulation des deux-roues motorisés devraient aussi être effectués durant la phase 2.
Le coût du projet a également subi des modifications importantes : estimé à 160.000 euros lors de son annonce au Budget Participatif, il avoisinerait aujourd'hui, selon la Mairie, près de 600.000 euros.