Trois grosses cylindrées saisies. Estimation globale : plus de 75 000 euros. Et trois jeunes hommes poursuivis en justice. Tel est le bilan d’une nouvelle opération de lutte contre les « runs sauvages » dans l’agglomération bordelaise. Depuis le début de l’année est constaté un retour de ces courses automobiles non autorisées, qui se déroulent sur la voie publique et peuvent attirer jusqu’à un millier de badauds venant de toute la Gironde et même de départements limitrophes, notamment dans le quartier du Lac, à Bordeaux. Un phénomène contre lequel la police et la justice maintiennent la pression.
Dans un communiqué commun diffusé ce 8 juillet, le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, et le directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN), Emmanuel Morin, rappellent les risques de ces « runs » qui se pratiquent « dans des conditions de grande insécurité autour de nombreux véhicules se livrant à des manœuvres dangereuses à très vive allure. Plusieurs accidents, parfois mortels, ont déjà dû être déplorés. »
Des voitures vendues avant jugement
Depuis le printemps 2025, la lutte contre ces courses illégales a évolué : les infractions sont constatées le jour des faits, « sans mise en danger des fonctionnaires de police et du public », des enquêtes sont ensuite lancées et les investigations débouchent sur des interpellations. C’est ainsi que plusieurs véhicules ont été saisis par la justice qui a pris des ordonnances de vente, avant jugement.
Suivant toujours cette méthode, une opération de police judiciaire a conduit à de nouvelles arrestations : le 29 juin, trois hommes âgés de 20 à 24 ans, identifiés comme ayant participé à des runs sauvages dans la nuit du 26 au 27 juin et « ayant adopté des comportements particulièrement dangereux », ont été interpellés. Trois véhicules, dont la valeur totale dépasse les 75 000 euros, ont été saisis dans la foulée.
Les trois chauffards présumés ont été déférés au parquet, les 1er et 2 juillet. Deux sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, le 20 octobre prochain, et ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant, avec l’interdiction de paraître cours Jules-Ladoumègue à Bordeaux, à quoi s’ajoute, pour l’un, l’interdiction de conduire tout véhicule à moteur entre 22 heures et 6 heures. « Leurs véhicules ont d’ores et déjà fait l’objet d’une affectation à titre gratuit aux services d’enquête », précisent le procureur et le DIPN. Le troisième a été jugé dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et condamné à 4 mois de prison avec sursis, et « a accepté de se dessaisir au profit de l’État du véhicule qui a servi à commettre l’infraction ».
Ces arrestations portent à sept le nombre de personnes interpellées, depuis le 1er janvier, dans le cadre de ces opérations de lutte contre les runs sauvages à Bordeaux. Six d’entre elles ont été déférés au parquet. Dans le même temps, « 6 véhicules d’une valeur totale de plus de 155 000 euros » ont été saisis ou confisqués.