Bordeaux Lac : les habitants dénoncent une surenchère du Petit Tour du Lac

Lacville | 24/02/2025

Annoncé comme un projet respectueux de l'environnement et de la biodiversité, les travaux du Petit Tour du Lac, au nord de Bordeaux, prennent une tournure qui laisse perplexes de nombreux riverains.

Bordeaux Lac : les habitants dénoncent une surenchère du Petit Tour du Lac

Alors que la métropole présentait le projet comme une mise en accessibilité douce des cheminements autour du lac, la réalité du chantier en cours et suscite de vives critiques. 

En septembre 2024, les travaux débutent par … un abattage d'arbres.  « Nous avons procédé à l’entretien du patrimoine», a explique la Métropole de Bordeaux, responsable du projet, en réponse aux premières inquiétudes des habitants. « Les nombreux arbres dépérissants pouvant impacter le cheminement en cas de chutes de branches ont été retirés »  

Un chantier loin des promesses initiales

Présenté lors d'une réunion de quartier en juin dernier, le projet devait améliorer l'accessibilité des sentiers existants sans apport de terres ni altération majeure du site. Il était notamment stipulé que les espaces naturels ne seraient pas bouleversés, dans le but de préserver l'aspect sauvage du lieu et la biodiversité locale.

Or, les habitants découvrent depuis quelques semaines un paysage quasi post-apocalyptique signé Collas (comprenez Bouygues) : des camions parcourent les berges, créant des crevasses profondes dans l'herbe, tandis que d'imposantes montagnes de terre sont déversées sur le site. De larges bandes de sol, parfois jusqu'à 20 cm de profondeur, sont retirées à la pelleteuse sur des dizaines voire des centaines de mètres avant d'être étalées une centaine de mètres  plus loin. Une situation qui interroge sur la cohérence entre le projet initial et son exécution. « Les Berges du Lac est un champs de bataille », peut on lire sur les réseaux sociaux.   

 

Un budget jugé excessif

Dès l'annonce du coût des travaux, estimé à 2,7 millions d'euros, certains riverains avaient exprimé leur scepticisme. « 2 ans pour faire 4 kms de chemins PMR ?? pour un budget de 2,7 millions d'euros !!!! on rêve », s'exclame Sabine*

« On se doutait bien que [ ce montant était ] exagéré pour rendre accessibles quelques chemins de chèvres. Maintenant, on sait pourquoi », ironise Marine*, habitante du quartier Ginko.

Alors que le projet prévoyait initialement une approche plus douce, les aménagements en cours ressemblent à un chantier industriel. La promesse de préserver le caractère naturel du site semble s'effacer derrière des travaux d'envergure bien plus lourds que prévu.

Une véritable atteinte à l'environnement ?

Officiellement, les travaux ont pour but de mettre en conformité l'accessibilité les Berges du Lac , notamment pour les personnes à mobilité réduite (PMR), et de préserver le cadre naturel. La plantation de 227 arbres est aussi mise en avant comme un engagement en faveur de l'environnement.

Cependant, de nombreux riverains se demandent s'il était nécessaire d'endommager autant le terrain pour parvenir à ces résultats. « Faut-il vraiment massacrer la nature pour planter des arbres ? », s'interroge un usager du lac. Certains s'inquiètent également des conséquences sur la faune et la flore locales, alors que des couches entiers de prairies sont déplacées.

Un projet qui divise

Si la métropole de Bordeaux insiste sur son objectif d'améliorer l'accessibilité et de préserver le milieu prairial du lac, les images du chantier en cours semblent contredire ces engagements. L'impression d'une surenchère dans les travaux et d'un greenwashing assumé domine les critiques des habitants. « La prairie est en train d'être détruite. Pour préserver le milieu naturel, il suffisait ne rien faire », tranche Pierre*, qui observe les travaux chaque jour depuis la fenêtre de son appartement.

Les habitants continuent de surveiller l'évolution du projet, espérant que les aménagements respecteront, à terme, l'équilibre fragile du lac et de ses abords. « On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs », dit l'adage. Reste à voir si, au final, l'omelette  en vaudra la peine.


Auteur(s) : © Lacville

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