Ne les prenez surtout pas pour de “vulgaire” colverts : cet hiver, le canal du parc Bühler accueille des visiteurs inhabituels. Profitant sans doute du calme relatif dû aux travaux de mise en accessibilité et faisant halte sur leur route migratoire, trois espèces d’oiseaux encore jamais observées à Ginko choisissent les eaux du grand canal pour une courte pause.
Une aubaine pour les amateurs de nature et d’ornithologie, qui peuvent ainsi admirer ces espèces lors d'une promenade ou, pour les plus chanceux, depuis leur balcon. C’est aussi un rappel de l’importance des espaces préservés comme le Parc Bühler pour la biodiversité et l’accueil des espèces migratrices. Peut-être d’autres surprises, ailées ou à quatre pattes, attendent les promeneurs lors de la réouverture du site : ouvrez grand les yeux.
Le Fuligule milouin (Aythya ferina)
La présence du Fuligule milouin au Parc Bühler souligne l’importance de ces espaces naturels pour la préservation de la biodiversité.
Présent en France durant l’hiver, le Fuligule milouin ou Miloin d'Europe fréquente les lacs, les étangs et les marais, où il trouve refuge et nourriture. Profitez bien du spectacle, car Aythya ferina connaît un déclin alarmant. En raison de la destruction de ses habitats, de la pollution des eaux et du dérangement causé par les activités humaines, ce canard plongeur, le plus commun de France, est désormais classé comme espèce menacée en Europe.
Le Canard pilet (Anas acuta)
Le Canard pilet (Anas acuta) fait son escale dans les eaux du parc Bühler
Reconnaissable à son allure élancée et à sa longue queue effilée, le Canard pilet est un migrateur hors pair. Chaque année, il quitte les régions nordiques pour rejoindre des zones plus clémentes en Europe, en Afrique et jusqu’à l’équateur.
Durant cette période, il est particulièrement grégaire et s’associe volontiers à d’autres espèces de canards. Il affectionne les grandes étendues d’eau peu profondes où il trouve sa nourriture, principalement composée de végétaux aquatiques, de graines et d’invertébrés. Cet hiver, avant de reprenne sa route vers le nord, ce grand voyageur est en escale à Ginko.
L’Ouette d’Égypte (Alopochen aegyptiaca)
Un couple d'ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiaca) dans le canal du parc Bühler : de nouveaux résidents de Ginko ?
Oiseau emblématique de l’Antiquité, l’Ouette d’Égypte occupait une place sacrée dans la culture égyptienne. Son apparence majestueuse, avec son plumage beige orné de taches sombres, lui confère une élégance certaine.
Cependant, la beauté de cette oie se cache une autre réalité : depuis 2017, Alopochen aegyptiaca, originaire d’Afrique subsaharienne, figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes de l’Union européenne. Introduite sur le continent au fil des siècles, elle s’est rapidement acclimatée aux milieux aquatiques et humides, où elle trouve une abondance de ressources alimentaires. Son comportement territorial parfois agressif peut poser problème pour les autres espèces locales.
Dans le parc Bühler, la belle ouette d’Égypte rejoint nos autres envahisseurs aux airs mignons : le ragondin et le perche soleil. Ne leur faisons pas mal – que ce fascinant et, à première vue, paisible spectacle auquel nous assistons tous les jours, sans quitter l'écoquartier, nous serve de source de vigilance. À méditer.
Observez sans les nourrir
Si l’observation de ces oiseaux est un plaisir, il est essentiel de ne pas interférer avec leur alimentation naturelle. En particulier, le pain, souvent donné par méconnaissance, leur est toxique et nuit gravement à leur santé. Ces quelques instants de loisir, agréables pour nous (et surtout nous-autres humains !) leur causent des maladies intestinales et les tuent à long terme.